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Vivre comme un nomade en Mauritanie

Mauritanie / Récit de voyage 0
Lors de votre voyage sur-mesure en Mauritanie, vous partez à la rencontre des nomades qui peuplent la région. Il est intéressant d'en apprendre davantage sur la culture des nomades mauritaniens à travers leur histoire, leur mode de vie, leurs coutumes et leur artisanat.

Visage d'un nomade mauritanien @Sous l'Acacia
Visage d'un nomade mauritanien @Sous l'Acacia

L’HABITAT NOMADE  



Le Campement maure

Les nomades de Mauritanie vivent dans un campement appelé "maure", regroupement d’une douzaine de tentes, et village démontable et transportable. La vie du campement est rythmée essentiellement par la recherche des pâturages. Lorsque les troupeaux ont mangé les dernières touffes, les tentes sont abattues et chargées sur les chameaux, et les habitants du campement se déplacent jusqu'à un autre pâturage. La disposition du campement obéit à des règles précises, toutes les tentes sont largement espacées et s'ouvrent dans la même direction, vers le sud-ouest pour se protéger des vents chauds et des vents de sable de secteur est et nord-est. La tente du chef est placée au centre du campement afin d'assurer sa tranquillité.

Campement de nomades en Mauritanie @Sous l'Acacia
Campement de nomades en Mauritanie @Sous l'Acacia

La Khaïma, la tente Mauritanienne

La Khaîma est la demeure historique du nomade. Chaque tente abrite une famille de moins de dix personnes ; le mari, l'épouse, les enfants et parfois un ou deux parents âgés. Une fois marié, les fils et filles rejoignent la tente de leur époux ou épouse. Lorsque l'on entre dans une tente en Mauritanie, il est important de suivre quelques règles.  Tout d'abord, on y entre par l'ouest, le chef de famille s'assoie au centre sur une grande natte face à l'entrée. Les visiteurs qu'il veut honorer s'installent en demi-cercle de chaque côté. La tente mauritanienne est faite d'un tissage de laine de mouton noir mélangé à des poils de chamelon brun.  Cette habitation est donc robuste pour les fréquents déplacements, aérée en saison sèche et imperméable à la pluie. Il existe un second type de tente plus petit en Mauritanie, un mètre cinquante par trois mètres environ, constitué de bandes de coton blanc ou indigo cousues ensembles, c’est la bénié, la tente des mauritaniens aisés. Elle est dressée sous la tente principale pour accroître le confort.

Enfants nomades dans une tente Mauritanienne @Sous l'Acacia
Enfants nomades dans une tente Mauritanienne @Sous l'Acacia

Mobilier et objet            

Dans une tente nomade, on trouve des objets utiles, faciles à suspendre ou à rouler. En bois ou en cuir, ils servent à la fois à l’habitation et aux voyages. Une fois la tente montée et balayée, des nattes (ahsirat, ; hsair) en tiges de graminées ou en rachis de palmier, tissées de lanières de cuir recouvrent le sol. Les nomades déposent par-dessus, des coussins en cuir (somi) décorés de motifs géométriques, une grande couverture noire en peaux d’agneau quadrillée de lanières de cuir rouge (faro), et une peau plus petite et plus souple (khlef) utilisée pour les nuits froides. Sous la tente, les nomades rangent les sacs de la femme (tizaït) et les sacs de l’homme (tasufra) qui contiennent les vêtements et objets personnels, la selle de l’homme (râhle) et son fusil.

Sac en cuir fait par les nomades @Sous l'Acacia
Sac en cuir fait par les nomades @Sous l'Acacia

Le nomadisme, un art de vivre


La vie du campement des nomades n'a guère changé depuis des siècles, on offre au visiteur du zrig (boisson à base de lait de chamelle légèrement sucré, fermenté ou frais), les trois verres rituels de thé et quand on a les moyens, un méchoui ou un couscous.  Les Mauritaniens sont emplis de spontanéité et de simplicité chaleureuses dans l'accueil de l'étranger à la tribu.

Peuple de nomades dans le désert @Sous l'Acacia
Peuple de nomades dans le désert @Sous l'Acacia

Gastronomie saharienne 

L’alimentation nomade est composée pour l’essentiel de mil, de riz, de lait et de dattes. La viande, (mouton, chèvre ou chameau) n’est consommée que pour les grandes occasions. Le foie et la bosse du chameau sont les morceaux les plus appréciés. On fabrique également le tichtar, viande de mouton, chèvre et gazelle découpée en fines languettes et séchée au soleil. Le lait de chamelle ou de chèvre assure l'apport nécessaire en vitamines. Les dattes, riches en protéines, sont consommées fraîches ou sous forme de pâte conservée dans des outres de cuir, trempées dans du beurre ou de la crème et servies au début du repas comme hors d’œuvre. Leur seul luxe est le thé. Réel art de vivre en Mauritanie, il doit satisfaire la vue, l’ouïe, l’odorat et le goût, ranimer les forces des caravaniers et faire de ceux qui l’ont bu ensemble, des amis.  Les nomades et les Mauritaniens en général en consomment de grande quantité.

Thé en train de chauffer @Sous l'Acacia
Thé en train de chauffer @Sous l'Acacia

Le nomadisme

La conduite des troupeaux par les nomades exige une connaissance sans faille du terrain et un sens de l’orientation sans défaut. Il faut savoir interpréter chaque changement dans le ciel. En respectant le rythme imposé par le climat, les nomades ne se déplacent jamais au hasard ou en fonction de leurs caprices. Par tradition, chaque tribu nomadise dans une zone déterminée sur des lieux de parcours où elle a priorité, tant pour le pâturage que pour les points d'eau.         

Nomade dans le désert mauritanien @Sous l'Acacia
Nomade dans le désert mauritanien @Sous l'Acacia

Les pâturages 

Exception faite des oasis, l’ensemble de la végétation de l’Adrar n’est que pâturage. Les pâturages « résistants » sont alternativement verts ou secs en fonction de la réception ou non de pluie, leur structure leur permet de subsister même en période de sécheresse. Les chameaux des nomades recherchent par ordre de préférence le vert puis, le had, pâturage salé qui nécessite d’abreuver les animaux régulièrement, l’askaf avec une teneur en sel encore plus importante (abreuvoirs quotidiens) et enfin, le sbat en mars-avril à l’époque de la floraison.

Pâturage mauritanien @Sous l'Acacia
Pâturage mauritanien @Sous l'Acacia


Coutumes et traditions


Les femmes Mauritaniennes ne se voilent pas le visage. Elles couvrent leurs cheveux et drapent leurs corps dans un melahfa, léger voile de coton maintenu par de petits nœuds bleu indigo ou imprimé de couleurs vives. Les hommes maures sont assez fidèles au costume traditionnel. Ils portent en haut soit la tunique à manches courtes, soit des chemises de facture plus occidentale sous un large boubou blanc ou bleu clair, la draa. En bas, un saroual froncé et sur la tête et le devant du visage un hawli, longue cotonnade enroulée en turban, protégeant à la fois du soleil, du sable et du vent.

Femmes mauritaniennes @Sous l'Acacia
Femmes mauritaniennes @Sous l'Acacia

Le mariage traditionnel maure 

Une fois le mariage décidé, le mandataire de la jeune fille, le prétendant et deux témoins se présentent devant le qâdi (juge) qui établit le contrat de mariage après avoir lu quelques versets du Coran. Le fiancé paye une dot en chameaux, moutons, pièces d'étoffe ou en argent. La coutume maure exige que la femme apporte ses biens dans la tente conjugale où ils resteront sa propriété. Une fois le contrat signé, le fiancé n'aura plus le droit de se présenter devant son beau-père, ni devant les aînés de sa propre famille en compagnie de sa femme, ce sont les règles de "hachouma". Le soir du mariage, les amies de la jeune fille la conduisent sous une petite tente dressée à l'écart où l'attendent son fiancé et les garçons d'honneur. Plusieurs nuits de bavardages et échanges de petits cadeaux vont se succéder durant une année. La jeune fille revient avant le jour sous la tente paternelle. C'est là qu'elle mettra au monde son premier enfant, qu'elle allaitera pendant deux ans. En Mauritanie, le bébé reçoit son nom au bout d'une semaine. Après la naissance, elle reste sans sortir pendant 40 jours. Après ces 40 jours, la femme vient s'installer définitivement chez elle et commence sa vie de maîtresse de tente.

La femme mauritanienne

Comme toutes les femmes du monde, les Mauritaniennes aiment les bijoux, bracelet en argent, collier ciselé en or ou en perle de pâte de verre, mais les signes extérieurs de beauté féminine exigeaient autrefois que les femmes soient obèses, avec les dents projetées vers l’avant repoussant la lèvre supérieure vers le haut. Si le redressement des incisives n’est pratiquement plus d’actualité l’obésité l'est. Une belle femme en Mauritanie est une femme ronde, signe d’opulence, de noblesse et d’honneur.

Femme nomade en Mauritanie @Sous l'Acacia
Femme nomade en Mauritanie @Sous l'Acacia

Le Henné, art des femmes. 

En Mauritanie, comme dans tous les pays musulmans, le henné est considéré comme un arbre qui pousse au paradis. Récoltées toute l’année, les feuilles sont séchées à l’ombre avant d’être réduites en poudre, les branches sont utilisées comme cure-dents de bonne qualité. Afin d’obtenir une pâte consistante, la poudre des feuilles de henné est mélangée avec de l’eau puis appliquée directement sur la peau. La plus ancienne vertu du henné est de protéger les individus contre les démons, la maladie et le mauvais œil. Les nouveau-nés sont donc enduits pendant une journée, d’une préparation à base de henné et de beurre fondu. Le henné possède également des vertus médicale, antibactérienne, diurétique et astringente. L’usage essentiel qu'en font les femmes Mauritaniennes reste la parure. C’est une opération longue et minutieuse où toutes les occasions sont bonnes pour se parer les mains et les pieds de dessins. Le henné participe pleinement aux jeux de séduction entre hommes et femmes, car les Mauritaniens en sont très friands. Les dessins sont obtenus avec la technique du pochoir, couvrant les parties qui doivent restées en blanc.  

Pratique du henné @Sous l'Acacia
Pratique du henné @Sous l'Acacia

L'art des tombes

Les nomades honorent leurs morts de la même façon que dans les autres régions du Sahara. Quand le sable est le seul matériau, ils se contentent de les enfouir. Mais là où la pierre permet la construction de monuments, ils les recouvrent d'amas de cailloux, ou, parfois avec plus d'imagination ils bâtissent des monuments à l'architecture variée. Le Sahara Mauritanien est uniformément parsemé de monuments funéraires aux formes variés. On trouve ces monuments isolés ou regroupés en nécropoles. Ils sont très souvent associés aux sites néolithiques et aux lieux de passage de toutes les époques.

Pierres @Sous l'Acacia
Monuments funéraires en pierres @Sous l'Acacia

L’artisanat traditionnel 


L’artisanat traditionnel mauritanien utilise les matières premières locales : les différentes peaux des animaux du troupeau sont utilisées pour le travail du cuir. Le fer et le cuivre, pour le travail du métal; graminées et diverses plantes pour la vannerie; ainsi que nombreux extraits végétaux pour les teintures. Si à l’origine comme tout artisanat sa fonction première est utilitaire, sa richesse et son esthétisme sont de premier ordre.

Le travail du cuir          

Ce sont les femmes Mauritaniennes qui sont en charge de ce travail, les peaux sont tannées à l’aide des feuilles d’une variété d’acacia, le tamat,et des gousses du goniakier.  Les peaux de mouton sont particulièrement utilisées pour la confection des différents coussins et sacs de voyage des nomades que l’on retrouve sous la khaïma. Ces coussins et sacs de voyage sont en général décorés de fins motifs géométriques de couleurs vives et garnis de minces franges de cuir. Les coussins maures sont plats et ovales, formés par deux feuilles de cuir reliées entre elles par une bande de cuir uni très souvent de couleur verte. Les tapis de prière sont également confectionnés avec de grandes peaux de mouton bordés de cuir sur laquelle est cousue une toison de mouton.

Objet en cuir @Sous l'Acacia
Objet en cuir @Sous l'Acacia

Les sandales, les ceintures qui font partie de l’habillement traditionnel sont également faites en cuir, sans oublier les typiques bagues à tabac Mauritaniennes, petites sacoches très décorées que l’on peut suspendre au cou ou ranger dans les grandes poches du draa et qui possède plusieurs compartiments pour le tabac, le briquet, la pipe et le cure pipe. Les pipes de Mauritanie ressemblent à des fume-cigarettes, leur forme vient du fait que les nomades se servaient d’un os de mouton pour fumer. Elles sont en métal ciselé, en ébène incrusté ou en os.  Les teintures traditionnelles utilisées pour le cuir sont pour la plupart des extraits végétaux mais l’on trouve également quelques minéraux. Les encres sont obtenues entre autre avec les feuilles du talaanlekt pour le jaune, l’indigo pour le bleu foncé, une variété de mil pour le rouge. Les dessins sont tracés avec un qalam, sorte de stylet en tige de graminée.

Paire de sandales en cuir fabriquée par les nomades @Sous l'Acacia
Paire de sandales en cuir fabriquée par les nomades @Sous l'Acacia

Les objets en bois            

Devenu très rare, surtout dans le nord de la Mauritanie, le bois reste le matériau traditionnellement employé pour une très grande partie du mobilier des nomades. L’amcharab est l’un des principaux objets en bois de la tente, mais les piquets, les mâts et supports de guerba sont eux aussi par tradition obligatoirement en bois. Tous les plats, divers bols et récipients à traire regroupés sous le nom de tadit sont eux aussi normalement fabriqués en bois. Les selles de chameaux sont également en bois recouvertes d’une mince pellicule de cuir.           

Bol en bois @Sous l'Acacia
Bol en bois @Sous l'Acacia

Les nattes            

Ce sont également les femmes Mauritaniennes qui tissent les nattes avec divers végétaux. Les tiges de mil et d’alfa sont utilisées pour les nattes ordinaires, alors que les nattes plus prestigieuses sont fabriquées avec une espèce de graminée appelée oum rekba. Tressées avec de fines bandes de cuir,  de couleur à  dominante rouge, la natte prend de la valeur lorsque les  bandes de cuir sont très rapprochées les unes des autres. Elles sont ensuite bordées de cuir marron foncé cousu à la main. La taille moyenne d’une natte est de deux mètres sur quatre, pour faciliter le transport à dos de chameau.

Fabrication d'une natte @Sous l'Acacia
Fabrication d'une natte @Sous l'Acacia

Le travail du métal 

Le travail du métal pour les outils, les armes ou les bijoux, est assuré uniquement par les hommes : les forgerons. Le fer est considéré comme impur, on retrouve donc dans tous les objets, des incrustations de cuivre ou d’argent qui est un métal noble ou encore du laiton dans la fabrication des cadenas servant à fermer les sacs de cuir des nomades. Les bijoux sont également fabriqués par les hommes. Le plus souvent en argent, quelquefois en or. Les bijoutiers Mauritaniens utilisent un procédé très ancien, qui consiste à incruster dans des bracelets d’ébène, de faux ébène ou encore en corne des filigranes d’argent. Dans les campements les bijoux les plus traditionnels sont les bracelets de cheville (khalkhal). Façonnés au marteau, ce bijou est constitué d’une grande plaque centrale (dar) et de deux petites plaques latérales (bit) gravées au burin et dont les dessins ne sont jamais identiques. Le bracelet de cheville est terminé par deux boules (tar’at) qui se placent sur le côté externe de la cheville.                      

Théière en métal @Sous l'Acacia
Théière en métal incrustée de cuivre @Sous l'Acacia
       
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